Ryanair absent l’hiver à Figari

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Une suspension hivernale

 

Depuis la fin du mois de novembre 2010,  Ryanair a stoppé ses rotations avec Charleroi (une heure de route de Bruxelles) et l’un des aéroports de Londres. Ryanair est arrivé à Figari en Juillet 2009. Cette compagnie a desservi Charleroi et Bergame (à une heure de Milan),  plusieurs fois par semaine, y compris durant l’hiver 2009/2010. Au printemps 2010, la liaison avec la Belgique a été maintenue et la ligne avec l’Italie a été remplacée par une nouvelle liaison avec l’aéroport londonien de Stansted. Il n’y aura pas de deuxième hiver.

 

Polémique sur les motifs

 

Certains observateurs estiment que cette suspension est un « chantage à la subvention ».  « Chantage » ou ajustement technique, ce sont les deux thèses qui prévalent. Pour comprendre cette polémique sur les financements, il faut savoir que la compagnie Ryanair ne vient jamais sur une destination, sans un « coup de pouce » financier, public et/ou privé. A Figari, il s’agit de financements croisés, publics et privé.

 

Un financement « associatif  »

 

Dans la plupart des régions françaises où Ryanair atterrit,  ce sont des groupements de Chambre de Commerce et d’Industrie et de communes qui donnent le fameux « coup de pouce » financier. A Figari, c’est une association. Il s’agit du Pôle des Compétences Aériennes Sud Corse. Derrière cette appellation compliquée se trouve un groupement  qui comprend plusieurs organismes publics et privés : C.C.I. de Corse du Sud, Offices du tourisme de Propiano, Sartène, Bonifacio, Porto Vecchio, Ste Lucie de P. Vecchio, ainsi que le Syndicat des Industries Hôtelières (groupement syndical d’hôteliers).

 

L’association a signé un contrat de partenariat avec la compagnie low cost. Le montant du coup de pouce n’est pas officiel. Il va, selon les sources, de 400000 euros, à 600000 euros.  C’est, parce que le tour de table financier n’a pas été bouclé, que Ryanair a suspendu ses rotations en hiver  (de Novembre à fin Mars). Selon l’association, cette période a fait l’objet d’un avenant au contrat de haute saison.  Le financement de cet avenant n’a pas pu être assuré pour divers raisons. Principalement la cote part de l’Office du Tourisme de Bonifacio.

 

Selon l’association, la part de l’Office du Tourisme de Bonifacio n’a pas été versée « pour la partie avenant d’hiver » parce que  « le conseil municipal n’a pas pu se réunir à temps, il fallait prendre la décision dès l’été dernier  ». Contacté par nos soins, le maire Bonifacio Jean-Charles Orsucci, donne une autre version. Le montant de la part « bonifacienne »  (13000 euros) est prêt, mais le maire de la ville veut « des assurances juridiques sur la validité de l’opération ». Pour ce faire,  Jean-Charles Orsucci a contacté le sous préfet de Sartène et le Trésorier Payeur Général, pour avis.  Selon le maire de Bonifacio, le Sous Préfet de Sartène semble « favorable »,  en revanche le T.P.G.  lui a répondu dans un courrier daté du 17 Août dernier que : « (…) le projet que vous m’avez soumis  soulève de nombreuse questions, qui me conduit à émettre un avis extrêmement réservé  ». Quelque soit le motif, on voit que les 13000 euros de l’Office du tourisme sont présentés comme la raison de la non reconduction de l’avenant hivernal.

 

Une prudence qui s’explique

 

Outre l’avis du T.P.G. le maire de Bonifacio ne veut pas faire courir de risque juridique au directeur de l’Office du tourisme qui serait responsable, en cas de litige. Et des litiges sur le financement des low cost, il y en a. Le plus connu est celui qui a opposé une filiale d’Air France -BRIT AIR-  à Ryanair qui percevait des subventions de la C.C.I. de Strasbourg. Le Tribunal Administratif de Strasbourg a frappé de nullité la convention signée entre la C.C.I et la compagnie low cost. Ryanair a quitté Strasbourg.

 

Faut-il financer les low cost ?

Oui répond l’association.  « Ce n’est pas une subvention,   c’est une aide, un contrat de partenariat entre la compagnie et nous ».  « Nous avons accès à un site (celui de Ryanair) avec une lisibilité très importante pour la Corse.’est un important retour d’image  ».  L’association a même crée un site corsicaforyou.com.

Il faut savoir que plusieurs voix s’élèvent pour critiquer le financement public de Ryanair.

 

Image et … passagers

 

Selon l’association, depuis juillet 2009, « la venue de Ryanair a permis l’arrivée de 85000 passagers nouveaux à l’aéroport de Figari ».  Rien que pour l’hiver dernier, toujours selon l’association « ce sont 16 000 passagers, belges et hollandais majoritairement, qui se sont rendus dans le sud de la Corse grâce à la ligne de Charleroi » qui était restée ouverte. « 85000 passagers » cela vaut il plusieurs centaines de milliers d’euros de subventions ? Oui selon l’association qui estime que les retombées sont importantes. Nuitées, location de voiture, dépenses….  Qui peut le chiffrer ? Difficile de répondre à cette question.

 

Payer pour attirer les transporteurs

 

Pour l’association, il est indispensable « de faire venir des compagnies de villes européennes ». Quitte à les payer ? Oui, mais « il faut convaincre les porteurs privé de s’investir dans l’opération  ».  On est conscient que les fonds publics « se font rare ». De plus,  leur validation juridique est loin d’être acquise.

 

En attendant le printemps

 

  Selon l’association,  « Ryanair reviendra fin Mars, c’est la convention signée qui le prévoit ». Et l’hiver 2011/2012 ?  Il faudra trouver un financement, si non ils ne viendront pas.  En attendant le printemps, il va falloir trancher sur le montant et la légalité des aides publiques. La Collectivité Territoriale de Corse a pris une délibération pour participer au financement des low cost (délibération 1080 du 22 février 2010). Reste à éclaircir le terrain juridique.  Le départ de Ryanair  de Marseille Provence ne va pas participer à la clarification du débat.

 

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